Es posible que la vida y la personalidad fuesen de otra manera sin el recuerdo de las canciones que fraguaron la sensibilidad en momentos cruciales de la azarosa época que nos ha tocado vivir. Evocarlas y cantarlas no sólo permite recuperar la memoria: también enseña a valorar la importancia de lo que pervive y merece ser rescatado de la indiferencia y de la erosión del tiempo.
30 de junio de 2023
Una magnífica velada con Xavier Ribalta
24 de junio de 2023
Del internacionalismo a la plurinacionalidad. ¿Qué está pasando?
Leo, rodeado de la grata compañía de los pinos piñoneros, que una opción política de la izquierda española, heredera de otra que históricamente ha basado su razón de ser en el internacionalismo ("el género humano en la Internacional ", así concluye su himno más emblemático), centra uno de sus objetivos prioritarios de cara a las elecciones del 23 de julio, y así lo plantea de forma tan premiosa como inesperada a la coalición electoral sumatoria de la que forma parte - condicionando seriamente su programa- en la necesidad de resolver el problema del " encaje" (sic) de Cataluña en España.
23 de junio de 2023
Un documento a considerar sobre la realidad política española en un momento decisivo de su historia
Incluyo aquí, en su totalidad, este artículo que considero muy interesante para analizar e interpretar el momento político que vine España con motivo de las elecciones generales del 23 de julio de 2023. El concepto de "detransición", que implica la posibilidad de un cambio radical en sentido regresivo con los impactos socio-espaciales que ello pudiera conllevar, justifica la pertinencia de traerlo a colación.
Ha sido publicado el 20 julio de 2023 en
https://aoc.media/analyse/2023/07/19/espagne-la-detransition-en-10-lecons/
25 mai 2015 – 28 mai 2023 : ces dates encadrent les deux mandats de quatre ans au cours desquels s’est déployé un néo-municipalisme à l’espagnole. Des plates-formes citoyennes adossées à des majorités progressistes ont pris les rênes de nombreuses villes en promettant de tout changer[1]. Une partie de ces équipes ont été remerciées dès 2019, le reste des équipes a disparu fin mai dernier.
Cette débâcle suit de peu la défaite de la gauche municipale grecque de 2019, qui a préparé l’arrivée de la droite aux élections générales de 2023. Même alignement en Italie où les récentes consultations municipales annonçaient l’avènement de Georgia Meloni. L’Espagne donc, comme ailleurs, se droitise. Le paysage politique se clive. Le Parti populaire, conservateur et libéral, gouverne villes et régions avec le parti d’extrême-droite Vox, peut-être même poursuivra-t-il cette alliance au sein du gouvernement central (on le saura aux élections générales avancées au 23 juillet prochain). Le Centre (parti Ciudadanos) s’est vaporisé. La social-démocratie, incarnée par le PSOE, traverse un trou d’air même si Pedro Sanchez, présent aux manettes depuis 2018, matraque son bilan : plusieurs lois sociales et une croissance qui caracole à +5,5 % en 2021 et en 2022.
À la gauche de la gauche, les plateformes citoyennes de 2015 et 2019 ont visibilisé, institutionnalisé, expérimenté des agendas de rupture avancés par des groupes écologiques, communistes, alternatifs, anarchistes, régionalistes, parfois indépendantistes (catalans et basques). Elles ont administré la vie quotidienne de 6 millions d’habitants (si on compte les villes où elles ont gouverné en propre) et même 9 millions (si on compte celles qui ont participé à des majorités intégrant des partis réformistes de gauche dont le PSOE). Faire leur bilan, par ailleurs positif sur des dossiers majeurs (logement social, participation, protection de l’environnement…), est sans doute moins intéressant que comprendre pourquoi elles sont aujourd’hui dépassées, rejetées.
L’heure de la détransition
L’été 2023 marque la bascule vers une « détransition » espagnole. Attention, le terme transition est chargé, il s’entend de deux façons. Avec une majuscule, il désigne la période qui suit immédiatement la mort de Franco et qui fonde les institutions démocratiques. Sans majuscule, il décrit le passage d’un système de production-consommation fondé sur les énergies fossiles vers un autre censé rendre notre futur vivable malgré les menaces globales. Pourquoi relier les deux termes ? Parce que l’échec d’un mouvement demandant de changer la politique par le bas nous convainc qu’elle se fera de plus en plus par le haut (et pas qu’en Espagne, malheureusement). Pour revenir à ce laboratoire démocratique espagnol trop peu étudié, cela nous dit quelque chose du chainage entre une Transition politique inachevée (hier) et une transition écologique confisquée (demain).
L’un des fils qui unit ces deux bouts de la chaine, c’est Vox. Le parti de Santiago Abascal porte certes des discours très actuels (la haine des migrants) mais il montre combien les électeurs sont séduits par l’idée d’un gouvernement fort qui monte de tous côtés dans nos démocraties fragiles. Des institutions multilatérales aux États, la « bonne gouvernance » glisse vers d’autres vocables : gouvernance efficace, robuste, puis… forte[2]. Cela va très bien au Parti populaire (PP, droite) qui retrouve ses fondamentaux franquistes : moins d’autonomie et de partage de la décision et plus d’encadrement – la famille par le père, la communauté par le notable et l’économie par les corporations d’entrepreneurs (parlez aujourd’hui « d’écosystèmes entrepreneuriaux », cela fait plus actuel…).
Et quand Vox « prend » les conseils municipaux et régionaux avec le PP, le backlash (virage à 180°) se voit tout de suite. En Andalousie, les grues construisent des hôtels de luxe avec golf dans des zones où il n’y aura plus d’eau potable en quantité suffisante. Dans le Levant, les édiles couvrent l’agro-industriel qui fore des puits d’irrigation dans des parcs naturels. Sur les plateaux de Castille et de Mancha, les nouveaux moulins de Don Quichotte (plutôt des éoliennes) et des panneaux photovoltaïques prolifèrent, puisque l’agriculture secano est condamnée par le changement climatique. À Madrid, même pas besoin de Vox. Finie la lutte contre la pollution de l’air, on relance les autoroutes urbaines et on efface la peinture à peine sèche des pistes cyclables.
Bref, mairies, régions, et peut-être bientôt le gouvernement, inaugurent un nouveau cycle de bétonnisation et de prédation des ressources, dans un cadre parfaitement compatible avec les mots décarbonation, digitalisation, innovation, etc. Sous la surface de ce retournement, on pointe dans cette étude d’étranges traits de continuité entre ces municipalités du changement et ce qui s’annonce. On met à jour deux courants souterrains, l’un du côté des idées et des manières d’agir, l’autre du côté des instruments et des contenus de l’action.
Le néo-municipalisme : cinq étapes pour mettre la ville sur les nerfs
Retour en arrière. 25 mai 2015. Cela fait quatre ans qu’une jeunesse indignée (grâce au petit livre du français et résistant Stéphane Hessel) a pris la Puerta del Sol. Cela fait presque trois ans que le jeune Pablo Iglesias secoue la sphère politique avec Podemos et renvoie dos à dos les deux partis de gouvernement, PSOE (Parti socialiste ouvrier espagnol) et PP. À partir de 20 heures, des foules euphoriques envahissent des mairies, chassant symboliquement un Parti populaire qui les a dirigées pendant dix, vingt, voire vingt-cinq ans d’affilée. Les deux lettres PP, ce soir-là, évoquent un double scandale.
D’abord, PP = corruption. Gürtel, Taula… la presse bruisse de ces réseaux tentaculaires. Les juges détricotent des montages financiers rocambolesques qui remontent souvent vers la rue de Gênes (siège du PP) et vers son trésorier à moustaches (El Bigote).
Ensuite, PP = contention budgétaire aussi néfaste que douloureuse. Cela fait déjà trois ans que Mariano Rajoy, chef PP du gouvernement (2011-2018) applique docilement la règle européenne des 3 % de déficit public, celle qui retarde la reprise et rince une classe moyenne qui glisse vers le mileurisme (des salaires à mille euros en CDD dans le meilleur des cas). Le lien avec les villes est direct. Rajoy, quasiment sous tutelle de Bruxelles et de Standards&Poor, a mis les collectivités à la diète et les services publics locaux à l’os. Les listes municipales OVNI de 2015 ont promis la rupture. Mais pour quel changement ?
Le terme de changement s’impose pour les nouvelles équipes. Il saute aux yeux. Ces élus locaux portent des jeans, prennent le métro et parlent haut, ils multiplient les signes (vélo en tout lieu et place, arc-en-ciel LGBTQIA+ en bandoulière…). Non, ils sont la politique devenue jeu de signes. Des héros apparemment modestes, mais que Roland Barthes aurait sémiotisés avec délectation. Avec eux, l’arène locale devient, encore plus qu’avant, une scène et l’élu local un perfomer. Une belle ligne de continuité apparait avec la « caste » tant conspuée par Podemos, même si elle préférait les sacs Vuitton et les berlines rutilantes. De toutes façons, pourrait-on rétorquer, il faut bien que le changement se voie ; et attendre que sortent de terre des infrastructures urbaines qu’il aura fallu planifier et financer, c’est long…
La crispation (terme consacré outre-Pyrénées) s’impose dès l’installation des équipes. Le clash n’est jamais un objet collatéral, c’est un moyen et aussi une fin qui a des avantages pour ces municipalités (maintenir de l’audience publique, resserrer les bases). Prenons l’exemple de la gestion de la voirie, un sujet technique et ennuyeux, mais absolument central dans la vie locale : l’élu signe des autorisations d’utilisation du domaine public (terrasses de café ou stationnement). Il y a une manière technocratique de le faire, et il y a une manière « donneuse de leçons ».
Pour changer, comme dit Foucault, il faut bien conduire les conduites. Les élus du changement lancent par exemple une foule d’opérations de piétonnisation. Pourtant, il serait paradoxal de les considérer comme des démarches de pacification. L’apaisement du trafic rejoue indéfiniment une guerre culturelle, la reconquête dont Éric Zemmour n’a donc pas la paternité, et qui sévit aux deux extrêmes du paysage politique espagnol. Les municipalités posent l’équation : civilité (respect de règles de vie en communauté) – civisme (normes de comportement propre au « bon » citadin) – citoyenneté (participation à une communauté politique). Résultat, le bourgeois en SUV a moins de droit de cité que le bobo qui habite en centre-ville et prend le tram. Monsieur tout-le-monde qui bouchonne aux entrées de ville (travaux de pistes cyclables et trottoirs plus larges pour les micromobilités innovantes, comprenez trottinettes & co), rate ses rendez-vous et fulmine.
L’assembléisme : ferveur puis fatigue
Durant quatre et parfois huit ans, ces villes espagnoles gouvernées dans un climat franchement hystérique parce que volontairement sur-politisé pour saturer l’espace public local de signes peinent à cacher les failles de plus en plus profondes au sein de leur base. Celle-ci, idéologiquement, assemble de sensibilités plurielles (héritage des luttes locales (post)franquistes, anarcho-syndicalisme, mouvement libertaire okupa, zapatisme, revenants des sommets de la terre de Porto Alegre et hérauts des agendas 21). Réformisme et radicalité s’affrontent durement.
Pour mesurer la difficulté (et l’utilité) de constituer ces assemblées, citons l’Assemblea de Barris per un Turisme Sostenible : trente entités barcelonaises, des groupuscules de jeunes catalans indépendantistes qui commencent à incendier des bus remplis de touristes et leurs voisins, parfois migrants récents, que la crise a mis au chômage et qui ont mis une chambre de leur logement en Airbnb. On imagine l’ambiance… Un postulat, cependant, soude un temps ces mouvements : la participation. À travers l’« assembléisme » comme mode de gouvernement, ces municipalités imaginent garder le soutien fervent de cette première nuit de liesse et espèrent que le citoyen fasse remonter ses choix et s’investisse. D’accord, mais il y a un pas (on dira même une usine à gaz) entre l’organisation de groupes de parole de quartier et le montage de systèmes assembléistes à l’échelle de villes millionnaires comme Madrid, par exemple (vie et mort démocratique de la plateforme citoyenne Madrid decide).
Le nom marea atlantica adopté par la municipalité du changement de la Corogne est bien trouvé : il y a eu flux et reflux. Surtout quand les collectifs militants, pour exister, se sont engagés dans un jeu (à somme nulle) de coopération/résistance avec les élus du changement, lesquels étaient bien obligés de légiférer, de planifier, bref d’institutionnaliser. Exemple, le logement. La plate-forme qui s’opposait aux évictions de locataires a pris tout de suite ses distances avec la maire de Barcelone Ada Colau. Celle-ci a regardé ailleurs pour tenter de construire un service public du logement : bras de fer avec l’administration et les promoteurs. Il lui fallait néanmoins des activistes compatibles avec un mode de travail concret, afin, par exemple, de justifier de nouvelles formes d’habitat (plus intergénérationnel, plus solidaire, plus convivial…). Mais les activistes n’aiment pas voir ces pratiques transférées vers des quartiers où elles n’ont ni ancrage ni relais.
Néo-municipalisme et transition en cinq clés : bienvenue dans le nouveau capitalisme urbain
Même si elles s’y opposent de bonne foi, il y a eu depuis le milieu des années 2010 un nouvel état dans les villes espagnoles. Surtout dans celles gouvernées par les municipalités du changement. C’est pour continuer à tenir ce fil de la culture de l’action politique dans le temps présent (discours, modes d’êtres, imaginaires) et pour continuer aussi à regarder ce moment-là avec l’avant et avec l’après que je pose ces arguments pas à pas. Oui, grandes adeptes du care, ces municipalités du changement ont « réparé » des villes et des segments de la société espagnole meurtries par les années de crise. Mais elles ont aussi accompagné une renaissance, elles ont fait le lit d’un nouveau cycle de croissance parce qu’elles étaient aux premières loges du moteur de la croissance : la ville. Certes, la thèse vaut dans d’autres contextes en Europe mais elle est d’autant plus efficace que l’Espagne n’a jamais connu de révolution industrielle. La création de valeur y a un moteur, la rente foncière, et une modalité, la spéculation.
Avec son Plan de Quartiers (Pla de Barris) voté en 2016 et son Conseil consultatif, Barcelone est allée sans doute le plus loin dans la création d’une juridiction nouvelle (on dirait chez nous un énième étage de millefeuille). Cela résonne avec une certaine idée de l’urbanité comme juxtaposition organique d’écosystèmes. Le quartier n’est pas un zonage, c’est un objectif : l’entité vise l’empowerment pour faire fructifier des communs. Encore une tentative pour solidifier cette base électorale qui file entre les doigts. À l’appui, l’imaginaire d’une ville à quinze minutes qui plaît tant. Les métropoles ne sont finalement qu’un agrégat de villages (Xavière Tiberi me l’avait dit mot pour mot il y a trente ans, quand descendant de ma soupente de khâgneuse, je l’ai croisée au coin de la rue Mouffetard). Les municipalités du changement veulent – ou annoncent – une concaténation de polarités animées mais apaisées, piétonnes mais accessibles, commerçantes mais pas bondées, touristiques mais respectueuses de l’habitant…
Au-delà de l’oxymore, l’urbs (unité spatiale) et la polis (unité politique) léguées par les Grecs ont éclaté. Les promoteurs surfent sur une ville nodulaire (quelques pôles d’intensité dans un désert monofonctionnel) et modulaire (saupoudrez de tiers-lieux et de hubs multimodaux). Ils font donc comme les élus (mais ils ont plus de moyens et d’agilité) : ils créent l’acceptabilité micro-locale via des partenariats (philanthropie, referendums ciblés) et l’habitant de base se fait répondre la même chose : si vous n’habitez pas là, ce dossier ne vous concerne pas.
On pourra rétorquer que les municipalités du changement se sont retroussé les manches pour prendre enfin en charge des problèmes publics criants quand les équipes précédentes (notamment PP) pensaient « éléphants blancs » (musées, gare à grande vitesse, rien en-dessous du demi-milliard d’euros.) Leur idée fixe : mettre la ville sur la carte mondiale. Lancer beaucoup de petits chantiers quand les mégaprojets sont gelés par une crise prolongée n’est pas condamnable. De toute façon, pas le choix. Les opérateurs financiers (banque publique de défaisance SAREB, grandes banques espagnoles comme Santander, fonds de pension) digéraient les déroutes immobilières pré-crise et tout un cortège de cités fantômes. Et pas besoin d’éléphants pour dessiner des cartes : on a juste changé leurs référents et elles ont bien usé le slogan Copenhaguenize ! (encore une occasion de laisser l’Espagnol moyen rêveur).
Surtout, les maires du changement ont rarement pu désamorcer les bombes spéculatives dormantes. Trois pistes d’explication. D’abord l’humanisme (mal placé). On se rappelle une Manuela Carmena touchante quand, face à un aréopage de ministres et de banquiers, et à propos de la rénovation d’une friche de 350 hectares valorisés 16 milliards d’euros, celle qui est encore maire de Madrid recommandait de mettre un piano dans l’une des gares prévues. Ensuite, la technicité. Le droit des sols, l’asset management et la titrisation sont des matières que des élus-citoyens ne maîtrisent pas toujours, tandis que les promesses de milliers de logements et d’emplois induits font toujours effet sur les masses. Enfin, les outils de planification municipaux (l’équivalent de notre plan local d’urbanisme) sont hors course. L’essentiel (droits de propriété et coefficients d’occupation des sols) sont gelés et sortis de longue date de ce parcours juridico-réglementaire là. Et les leviers financiers publics sont dans d’autres mains.
« Il ne s’agit donc pas d’un problème de compétences, mais de volonté politique » écrit l’ancienne maire de Barcelone Ada Colau en 2012 (Vidas hipotecadas, p. 140). Hélas, hélas. Ni elle, ni ses confrères n’ont voix au chapitre de la financiación (les réunions politico-technocratiques où sont négociées les dotations étatiques aux administrations autonomiques en charge des compétences clés : planification, économie, social, santé, éducation, environnement, culture, etc.). Quatre ou huit ans après l’épisode néomunicipaliste, l’association des élus locaux espagnols toutes sensibilités confondues (la FEMP) renouvelle le triste constat de sa marginalité, qui est un héritage constitutionnel. On revient donc à la Transition avec un grand T. À l’époque, l’État régalien a été coupé en deux (un gouvernement, des autonomies à plusieurs vitesses pour faire une place à diverses nationalités). Les municipalités pouvaient apparaître comme un danger pour la jeune démocratie, car beaucoup étaient sous la coupe de notables indéboulonnables car adossés à l’échelon provincial. Dans cette fin des années 1970, la toute jeune démocratie post-franquiste ne pouvait pas se permettre de ne pas parvenir à changer.
Revenons au changement urbain, plus terre à terre. Imaginons un brownfield à réaménager. Dans tout projet de ce type, il y a deux étapes. Un, le matériel : déblayer le terrain, évacuer les ruines, bref dés-infrastructurer. Deux, l’idéel : rendre désirables les bâtiments futurs. En somme, ré-infrastructurer l’imaginaire par les images et les discours. Les municipalités du changement ont très bien fait les deux. Resserrons la focale : il y a en Espagne des dizaines de milliers d’emplois automobiles (Nissan-Barcelone, Ford-Valence, Renault-Valladolid, entre autres). Ces liens pèsent lourd dans la gouvernance des villes espagnoles et c’est pour cela que les sujets de politique de mobilité sont relativement présents dans ce texte. Les élus du changement ont fait tout ce qu’espère le nouveau capitalisme énergétique et industriel : ils ont diabolisé les modes de vie automobiles du XXe siècle (polluants, individualistes, etc.), ils ont dessiné l’espace public de demain – avec trottoirs XL pour trottinettes & co, vélos et bus à part. Les artères sont prêtes non pour les véhicules électriques (Elon Musk fait le même battage là-bas qu’ici pour faire payer par le public les battery factories) mais pour le véhicule autonome. Côté idées et images, les municipalités du changement lèguent à la nouvelle droite une smart city adoucie que celle-ci adopte sans difficultés. De toute façon, pas de risque que les cités espagnoles ne ressemblent jamais à cette vue de l’esprit.
GÉOGRAPHE, PROFESSEURE À L'UNIVERSITÉ EIFFEL
21 de junio de 2023
El leonesismo como desafío
16 de junio de 2023
La paradoja de los gobiernos de coalición
A la vista de lo sucedido y de lo que sucede.. uno se asombra de que en los gobiernos de coalición la fracción minoritaria domine, engulla y eclipse a la mayoritaria hasta acentuar sus contradicciones e incluso anularla. Puede que, como consecuencia de ello, el costo politico que ésta acabe pagando sea considerable.
4 de junio de 2023
Los principales desafíos del modelo energético europeo: la integración como necesidad estratégica
Si la crisis provocada por la invasión rusa de Ucrania el 24 de febrero de 2022 ha dado lugar a importantes, y posiblemente en algunos casos irreversibles, impactos en la estructuración de los ya inestables equilibrios en que se apoya el mundo contemporáneo, las tensiones de toda índole desencadenadas en la Unión Europea, y dada la proximidad geográfica a los escenarios de conflicto, alcanzan una extraordinaria envergadura. No en vano, la situación crítica en que se ha visto envuelta ha traído consigo una gran variedad de impactos, ocasionados tanto en las lógicas específicas de funcionamiento interno como en las directrices que orientan la configuración de sus vínculos a escala internacional.
Sin duda, una de las manifestaciones más patentes y problemáticas de los virajes impuestos por la situación creada la ofrecen los aspectos relacionados con la regulación de los mercados energéticos. Aunque no resulta fácil plantear la complejidad de la cuestión y sus expectativas en el reducido espacio disponible, trataré, a modo de aproximación, de apuntar algunas de las ideas claves que gravitan en torno a ella y a sus expectativas de futuro.
Como punto de partida se deben reconocer las insuficiencias que, desde un punto de vista organizativo y logístico, ha presentado tradicionalmente el funcionamiento del mercado energético en un espacio concebido para la integración económica y la cohesión social. En esencia, y como es sabido, se ha carecido de una política energética europea propiamente dicha. Gravitando en función de las estrategias acometidas por los diferentes Estados, la crisis desencadenada por el conflicto bélico ha puesto al descubierto la ineficiencia de los instrumentos reguladores de los mercados del gas y la electricidad.
Los diagnósticos realizados al respecto arrojan un balance muy crítico, que centra la atención en varias disfunciones concatenadas. La primera tiene que ver con el sistema de fijación de los precios, que deriva en costes excesivos con la consiguiente repercusión negativa sobre los consumidores al tiempo que favorece un enriquecimiento exagerado de los grandes grupos empresariales, lo que ha contribuido a reforzar sobremanera la estructura oligopolística del sector. Pese a que el método clásico de aplicación del precio de la electricidad había sido defendido por las autoridades comunitarias, dando lugar a una inercia que parecía asumida, la crisis ha revelado con claridad las distorsionesocasionadas por el sistema marginalista, basado en el recurso inicial a las energías más baratas (renovables, nuclear) para utilizar, si no fuesen suficientes, el gas natural que acaba determinando el precio del conjunto.
La sustitución de las centrales térmicas de producción eléctrica por las de ciclo combinado como generadoras de energía de último recurso y como respaldo casi permanente de las renovables justifica que el ciclo combinado condicione sobremanera el precio de la electricidad con la consiguiente elevación de costes que conlleva. Este sistema ya demostró su carácter problemático cuando en 2021, cuando ya era perceptible la manipulación sobre el producto ejercida por Rusia y en virtud de los acusados comportamientos especulativos y de posible abuso de poder de mercado que lo caracterizan, el precio del gas experimentó un incremento del 707 % - de 13,8 a 111,7 euros el MWh - en el mercado TTF (Title Transfer Facility) holandés para superar ampliamente este umbral tras la invasión de Ucrania, hasta llegar a los 343 euros MWh en agosto de 2022.
Como era previsible las tensiones desencadenadas por la guerra han trastocado el panorama energético que se ha convertido en el apartado más sensible y preocupante del escenario comunitario europeo al poner especialmente en evidencia los riesgos que derivan del escaso e insuficiente nivel de integración que caracteriza el funcionamiento de los mercados del gas y la electricidad en la Unión Europea. Solo así es posible interpretar las actuaciones emprendidas a partir del verano de 2022, cuando se observa, más allá de las iniciativas abordadas por los Gobiernos en sus respectivos países, un notable cambio de rumbo que sin duda ha de tener una importancia decisiva en la modificación de algunos de los postulados estratégicos hasta entonces aplicados.
Especial interés reviste en este sentido la aprobación por parte dela Comisión Europea el 14 de junio del “mecanismo ibérico” que permite a España y Portugal la aplicación de topes al precio del gas a fin de abaratar el coste de la electricidad. Las declaraciones efectuadas por la presidenta Von der Leyen descalificando el modelo del mercado eléctrico vigente y preconizando “una reforma enorme y urgente” del sistema evidencian hasta qué punto la necesidad de una ruptura de los mecanismos vigentes es asumida sin equívocos ni ambigüedades. En coherencia con estos planteamientos, y con el fin de promover mecanismos de solidaridad, cobra fuerza la idea, formulada por la responsable de la Comisión en el mes de septiembre a instancia de quince Estados miembros, a favor de fijar un límite de precio al gas ruso, poniendo en entredicho el valor referencial otorgado al TTF mientras apuntaba a la necesidad de elaborar un criterio de referencia congruente con la experiencia vivida y los nuevos enfoques reorientativos del sector.
En este contexto, y teniendo en cuenta además las incertidumbres que aquejan al territorio europeo, resulta lógico que haya hecho acto de presencia en el seno de la Unión un debate muy intenso, que persigue transmitir ante la opinión pública la idea de que existe una voluntad efectiva de cambio, apoyada en un argumento central: la necesidad de configurar y potenciar un “mercado único energético”, considerada como la estrategia capaz de paliar, e incluso de evitar, la situación creada por la crisis bélica. Se trata de abogar por una estrategia sustentada sobre dos pilares básicos: la revisión del mecanismo de formación de los precios, por un lado, y, por otro, la armonización del mercado energético, asegurando el mantenimiento de los flujos transfronterizos.
Por lo que concierne al primer aspecto, y ante la situación de urgencia planteada, la opción a corto plazo no puede ser otra que la de adopción de medidas excepcionales de reducción de la demanda de electricidad – de ahí el objetivo general de minorar la demanda global de electricidad al menos del 10% hasta abril de 2023 - que posibiliten, a la par que se insiste en la mejora de la eficiencia energética, una disminución del coste para los consumidores y la redistribución de los excedentes a los clientes finales, planteadas como medidas asociadas en el tiempo a la fijación de impuestos a los beneficios extraordinarios de las compañías y el establecimiento de un precio límite al gas. Tal ha sido uno de los propósitos esenciales de la reunión informal celebrada por el Consejo Europeo en Praga (6 y 7 de octubre de 2022) cuando por vez primera se aborda esta limitación, que inicialmente se concibe con carácter temporal.
Y, en relación con el segundo gran objetivo, cuya trascendencia económico-geográfica se muestra incuestionable, la crisis ha reactivado las razones que con anterioridad habían puesto especial énfasis en la importancia de las infraestructuras energéticas a escala de todo el espacio común, sobre la base de un argumento crucial: los beneficios que aportan al crecimiento económico al favorecer una reducción de los costos de la energía para los ciudadanos y las empresas. Los datos en este sentido son elocuentes ya que en 2016 se estimaba que los beneficios de la integración plena podrían alcanzar los treinta mil millones de euros anuales con el horizonte de 2030 – fecha fijada para la descarbonización – para el mercado del gas y de cuarenta mil millones para el de la electricidad. En esta línea han abundado sistemáticamente los planes contemplados por el Banco Europeo de Inversiones, aunque obviamente la Entidad insiste en la necesidad de armonizar las reglamentaciones y los instrumentos de apoyo por parte de los Estados, de modo que se alcance la unificación de los códigos aplicados a las redes europeas de gas y electricidad, en un proceso sintonizado con los objetivos de aplicación del Pacto Verde Europeo.
1 de junio de 2023
El reproche, más allá de la ideología
Las discrepancias ideológicas, las diferencias programáticas, cuando existen, y es bueno y normal que existan, se afrontan y resuelven entre personas y grupos mediante el debate y con la mirada puesta en la voluntad de tejer alianzas en pos de un objetivo compartido.
Pero, cuando esas discrepancias no existen y la necesidad de alianzas tropieza con el insulto, con los reproches incesantes, con las venganzas latentes, con el "te vas a enterar", con el resentimiento e incluso con la animadversión personal, todo ello condicionado por un reparto de los resultados obtenidos mediante el acuerdo electoral en el que no hay sitios asegurados para todos (ay esas listas cerradas en las que el futuro y la supervivencia de cada cual dependen del lugar ocupado).....

